Tripoli la deuxième ville Mamelouke après le Caire, aux quartiers qui émergent du cœur de l’histoire et qui compte 170 monuments du patrimoine archéologique et culturel

Mercredi 17 Octobre 2012 à 11:40 Enquêtes et dossiers chauds

 


 

xBrève historique
 
 
 
Il convient de noter d’abord, que les Phéniciens (habitants de Tyr, Sidon et Arouad) avaient fondé la ville de Tripoli aux alentours du neuvième siècle avant J.C. et l’avait nommée « ATHAR », faisant de cette nouvelle ville érigée sur le bord de mer, la capitale de la fédération phénicienne, dont les habitants sont passés maîtres dans l’industrie navale, ce qui leur donna la suprématie dans la navigation et l’essor commercial dans le bassin oriental de la Méditerranée.
 
Les Grecs dominèrent la ville au quatrième siècle avant J.C. et lui donnèrent le nom de « Tripolis » ou la ville triangulaire, avant que les romains ne l’investissent et assassinent le gouverneur grec de la ville qui s’était révolté contre  eux.
 
Au septième siècle, les arabes entrèrent dans la ville et transformèrent son nom en  « A Tarābulus » ajoutant la « Hamza »  afin de la distinguer de la  ville  libyenne de « Tarābulus », pour ensuite éliminer la « Hamza » et en faire de nouveau « Tarābulus » (Tripoli). À l’époque des Omeyyades la ville est devenue une base navale industrielle pour la construction des navires, bénéficiant du soutien du Calife Omeyyade Muawiya Ben Abi Sufyan ; Tripoli est longtemps demeurée l’un des ports fortifiés dont se sont occupés les Califes Omeyyades.
 
En l’an 750, Tripoli tomba sous le joug des abbassides, suivis des Fatimides, et recouvra son indépendance sous les Bani Ammar à la fin du onzième siècle où elle connut une période de luxuriante prospérité économique et  scientifique et fut connue sous le nom de « Dar el Elm » ou « la maison de la science ».
 
Au début du douzième siècle, la ville de Tripoli tomba aux mains des Francs, et la ville côtière subit deux séismes dévastateurs, elle fut ensuite reconstruite pour devenir un centre épiscopal latin. À cette période, les Croisés (les Francs) ont entamé l’édification de la citadelle de Saint-Gilles sur la colline de Hajjage à trois kilomètres de la côte. Ils protégèrent la ville du bord de mer en érigeant une forteresse tout autour, dont des vestiges demeurèrent jusqu’à la construction de la corniche côtière, vers la fin du vingtième siècle.
 
L’occupation des croisés dura 180 ans  jusqu’à l’invasion des mamelouks en 1289. Ces derniers démolirent l’ancienne ville côtière et bâtirent la nouvelle Tripoli au pied de la forteresse de Saint-Gilles dont ils reconstruisirent les parties détruites lors du siège de la ville.
 
Tripoli atteint sous les Mamelouks le sommet de la prospérité urbaine et économique, elle s’élargit et se développa jusqu’en l’an 1516, lorsque l’empire Ottoman vainquit les Mamelouks et ce jusqu’en 1920, date de la déclaration de l’état du Grand Liban.
 
 
 
Le Patrimoine culturel
 
 
 
Lorsque les Mamelouks occupèrent Kalaoun de Tripoli, sous le commandement du sultan Al Mansour, ils mirent au point le plan de l’édification d’une ville parfaite qui foisonne d’urbanisme à l’instar de leur capitale le Caire et utilisèrent les pierres de la vieille ville démolie pour ériger la nouvelle. Les premières démarches entreprises, inclurent l’adjonction de nouvelles ailes à la citadelle sur la colline du Hajjage, et l’érection de la mosquée Al Mansouri Al Kabir du nom  du grand conquérant, ainsi que la création d’un souk en ligne droite qui parcours la ville du Sud au Nord et qui abonde de marchandises et de produits artisanaux rassemblés par quartiers ou souks, classés séparément afin de ne pas mélanger les marchandises. Ils prirent également soin de la santé et de l’hygiène, éloignant la forge de la boucherie, de la parfumerie, des artisans du cuivre et autres charbonniers et vendeurs de tissus et textiles. Chaque profession avait son propre souk, tandis que les habitations occupèrent les quartiers avoisinants au souk principal mais toujours à partir de la grande mosquée. Les immeubles de plusieurs étages s’élevèrent, et soucieux pour la sécurité de la ville, les Mamelouks érigèrent sept portes colossales en bois massif et en fer qu’ils fermaient la nuit pour les rouvrir à l’aube.
 
Diverses installations virent le jour à l’intérieur de la ville, mosquées, écoles religieuses, auberges, Hammamat, Khans et maintes fontaines d’eau. Les souks intérieurs de Tripoli étaient quant à eux sinueux et étroits afin d’accroître la protection et de faciliter la défense des quartiers populeux en cas d’invasion ennemie. On remarque une chose importante dans ces quartiers résidentiels, c’est l’absence de deux portes se faisant vis-à-vis et appartenant à deux logements distincts, ceci, afin que l’entrée de l’un de soit pas exposée à celle de l’autre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Entre l’ancien et le nouveau
 
 Vers la fin du dix neuvième siècle, et aux abords du siècle dernier, les tripolitains bénéficièrent des réformes constitutionnelles ottomanes,  et quittèrent la vieille ville pour emménager aux alentours de « Tall El Raml » situé hors des portes de la ville du côté Ouest. Sur cette place, connue plus tard du nom de la place du « Tall », les ottomans installèrent le Grand Sérail qui perdura environs cinquante ans avant d’être démoli plus tard dans les années soixante du vingtième siècle. L’horloge du « Tall » a elle aussi été installée pour commémorer l’accession  de Abdel Hamid II  à la succession de l’Istana. Ceci coïncida avec l’établissement de la centrale du tramway, « l’omnibus », tiré par des mules, et qui se déplaçait sur des rails assurant la communication en direction du port. Des routes furent notamment percées et pavées, ce qui porta certains habitants nantis de la vieille ville à investir dans la zone moderne ; ils érigèrent des immeubles de luxe, la plupart dans le style ottoman ou italien, les banques, les hôtels et les cafés furent bâtis ainsi que les sièges de quelques consulats étrangers, mais cet état de prospérité et de richesse ne dura hélas pas longtemps avec l’éclatement de la première guerre mondiale.
 
 
 
…La catastrophe
 
 
 
Le grand désastre se produisit vers la fin de 1955 avec le débordement du fleuve Abi Ali.
 
Cette année là et durant cette nuit fatidique, les pluies diluviennes s’abattirent sur la ville, obstruant le cours du fleuve, celui-ci sortit de son lit et inonda la ville, la coupant en deux. L’eau se trouva engorgée à proximité de la citadelle historique et se déversa en flots vers les rues et quartiers populeux jusqu’aux abords de la nouvelle ville, détruisant sur son passage les ponts, emportant de vielles bâtisses et causant des dizaines de victimes.
 
Les autorités n’entreprirent pas les mesures adéquates mais procédèrent plutôt délibérément à la démolition de vastes zones d’habitations surplombant le fleuve afin d’élargir son cours, et tracèrent une route qui entailla le cœur de la vieille ville ; ainsi disparurent irréversiblement des souks entiers, des professions artisanales traditionnelles et manuelles ainsi que des monuments archéologiques et culturels irremplaçable.
 
Bureau de l’Agence Nationale d’Information – Tripoli
 
 
 

 

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