Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté: mendiants démunis dans les rues et réfugiés qui aggravent la crise

Lundi 20 Octobre 2014 à 01:49 Enquêtes et dossiers chauds

Enquête: Josiane Saadé
Traduite par: Nicole Khattar


Organisée depuis l'année 1993 par l'Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté a pour but de renforcer la sensibilisation envers l'élimination de la pauvreté dans tous les pays, en particulier dans ceux en voie de développement.

Avec l'augmentation du nombre de réfugiés en provenance des pays voisins, notamment de la Syrie et de l'Irak, en raison des guerres qui déchirent leur pays, nous constatons des observations sur la scène libanaise, avec l'espoir que la conscience des responsables se réveille.

Des gens ordinaires, comme nous, avec une différence qu'ils n'ont pas de logement, dorment sur les trottoirs et sous les ponts; ils trouvent refuge dans les dépotoirs pour se protéger de la chaleur et du froid et cherchent leur nourriture en fouillant les poubelles. Oui, ces scènes donnent la chair de poule.

Vous ressentez pitié et colère à la fois; pitié envers les gens trahis par le temps, et colère envers une société dont les dirigeants n'ont de préoccupations que le pouvoir.

Est-il possible de nos jours de voir des personnes âgées qui dorment sur des matelas déchirés sous les ponts et entre la poubelle? Des ponts dont les fonctionnaires se vantent pour leur construction et dont les médias louent leurs avantages quant à la réduction de la circulation automobile, sans toutefois tenir compte de ceux qui trouvent refuge sous ces ponts.

Comment est-il possible de trouver, au 21ème siècle, à l'ère des ordinateurs, de l'Internet et de la mondialisation, des enfants qui mendient pour quelques centimes? Et nous au Liban, le pays d'accueil et de générosité, dans lequel se tiennent de forums et de conférences contre la pauvreté, comment nous planifierons l'avenir et nous ne voyons pas ce qui saute aux yeux ?

Où est le rôle de l'Etat à prendre soin de ses citoyens et à aider les plus démunis? Vous voyez leurs plaies ouvertes, sans surveillance; ils saignent et ne peuvent pas trouver un médecin. Nous demandons: Où est le ministère des Affaires sociales? Pourquoi n'effectue-il pas une enquête sur le nombre de personnes pauvres qui sont en train de devenir des mendiants et des voleurs? Bien que certaines organisations de la société civile font des activités pour les aider et certains programmes télévisés braquent les projecteurs sur eux, toutefois, ceci ne suffit pas puisqu'il est temporaire.

Où sommes-nous de la charte des droits de l'homme? Pourquoi ne pas l'appliquer au Liban ou même dans le monde entier? Pour quelle raison, un comité d'urgence consacré aux victimes de la guerre n'a-t-il pas été constitué, étant donné que la guerre est l'une des principales causes de la pauvreté?

De nombreuses conférences ont été organisées dans le but de traiter ce fléau. Cependant, toutes les recommandations qui en découlaient sont restées de l'encre sur papier. Ces conférences ont seulement réussi à résoudre une partie de ce grand problème.

Certaines statistiques affirment qu'il n'y a pas de seuil de pauvreté reconnu au Liban, selon les normes internationales. Mais en réalité, nous remarquons que la moitié de la population du Liban vit sous le seuil de la pauvreté. Quelques tentatives timides ont été menées par les ministères concernés pour résoudre le problème, avec la participation du PNUD, du Fonds international et des organisations qui s'occupent des droits de l'homme. Mais tout cela est vain.

Le problème de la pauvreté a été aggravé par l'afflux de réfugiés des pays voisins, afflux qui laisse de retombées graves sur l'économie du Liban. Et au lieu d'aider la classe pauvre de la société libanaise, nous demandons maintenant de l'aide pour les réfugiés. Le taux de chômage chez les jeunes a augmenté récemment et beaucoup d'entre eux ont recouru à la drogue pour oublier leur situation.

La pauvreté est un fléau que nous ne pouvons pas supprimer de l'histoire et ne peut pas être traité de manière radicale, les observations ayant démontré que les crises économiques qui causent le chômage, notamment dans les petits pays, sont répétitives et ont un impact négatif sur le citoyen.

Comment ce fléau pourrait se réduire au Liban alors que les hommes politiques ne peuvent pas s'entendre autour d'un article de réforme? Ils se réunissent et s'engagent à octroyer de l'aide aux pays démunis, alors que notre pays souffre et reçoit plus de réfugiés. Les pauvres s'appauvrissent donc et leur nombre s'accroît.

Nous espérons enfin que les organisations oeuvreront pour limiter la pauvreté, parce que les pauvres sont nombreux.

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