Vendredi 22 Novembre

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L'vnement le plus important au Liban en 2012:Benot XVI visite le Liban (2)

Jeudi 27 Decembre 2012 08:10 Enqutes et dossiers chauds

Rencontre avec les jeunes à Bkerké

Le président de la République Libanaise Michel Sleiman est arrivé dans l'après-midi au siège patriarcal de Bkerké pour participer à la rencontre des jeunes présidée par sa sainteté le pape.
Durant la rencontre, le patriarche maronite, Béchara Boutros Raï, a prononcé le mot suivant :
"Très Saint-Père,
Au nom des Patriarches et Evêques j'ai le grand plaisir et honneur d'adresser à Votre Sainteté la bienvenue en ce Siège patriarcal, pour la rencontre avec les jeunes du Liban et du monde arabe. Ces jeunes sont assoiffés d'espérance, dans un contexte d'accélération d'événements qui fait appel, de manière occurrente, à autant d'espoir que d'inquiétude. Ils aspirent à une vie de paix, de droit et de stabilité pour pouvoir se réaliser dans leurs propres pays et éviter l'émigration. Avec Vous nous leur adressons la parole de l'Apôtre Jean: "Vous êtes forts et la Parole de Dieu demeure en vous". (1 Jn 2,14).
Leur vive préoccupation quant à leur avenir nécessite d'une part une rencontre personnelle avec le Christ qui seul peut renouveler leur foi, renforcer leur espérance, et dynamiser leur témoignage d'amour, et d'autre part la recherche des moyens susceptibles de confirmer les valeurs de liberté, d'égalité en droits et obligations et de dignité humaine, dans leurs différents pays. Ces jeunes endurent des crises politiques, sociales, économiques et culturelles qui portent atteinte à leur foi et conduisent certains à la perte du vrai sens de l'identité chrétienne et de leur enracinement en leur terre et leurs Eglises. Leurs craintes augmentent devant la croissance du phénomène du fondamentalisme religieux, qui ne croit ni au droit à la différence ni à la liberté de conscience ou de culte, et qui recourt à la violence comme seul moyen pour atteindre ses objectifs.
En ce temps de transformations variées et rapides de tout genre, nos jeunes auraient besoin de redécouvrir leurs valeurs morales, sociales, économiques, et culturelles, pour pouvoir jouer leur rôle et porter le message chrétien à leurs sociétés.
Sans doute les valeurs les plus impérieuses auxquelles nos jeunes sont appelés à témoigner, dans cette région, demeurent celles de la convivialité, de la réconciliation et de la confiance mutuelle. Car une culture de paix ne saurait être édifiée que sur de pareilles valeurs.
Très Saint-Père,
Nos jeunes remercient Votre Sainteté de l'Exhortation Apostolique que Vous avez signée hier, car elle trace le chemin de leur nouvel engagement, et fera d'eux des forces vives dans leurs Eglises et leurs sociétés.
Maintenant, ils attendent avec anxiété et reconnaissance Votre parole éclairante et encourageante et sollicitent Votre réconfortante Bénédiction Apostolique.
Aprés avoir prononcer son mot d'accueil, le patriarche maronite, Bechchara Boutros
Rai, a offert au Saint-Pere un fossile datant de 100 millions d'annees.
A son tour, le souverain pontife a remis au chef de l'Eglise maronite un
cadeau symbolique.
Voici le mot adressé, au nom des jeunes, par Rania Abou Chakra et Roy Jreich, au pape Benoît XVI à l'occasion de sa rencontre avec les Jeunes de l'Orient, à Bkerké:

"Sainteté,
Nous tenons à vous exprimer notre gratitude! Merci pour votre visite au Liban et pour l'Assemblée Spéciale du Synode des Evêques pour Le Moyen-Orient.
Aujourd'hui, plus que jamais, nous avons besoin de la présence active de l'Eglise dans ce Moyen-Orient qui ploie sous le fardeau de la haine, de la peur, du désespoir et de la souffrance.
Sainteté, votre présence au Liban, en dépit des circonstances qui sont les nôtres, est un défi à la logique de la guerre et du désespoir; elle est signe de paix et d'espérance.
Merci pour votre parole et vos leçons que nous guettons ardemment, et qui nous dirigent vers les eaux profondes.
Merci de votre confiance.
Nous vous confions et partageons avec vous ce que la plupart de nos jeunes du Moyen-Orient vivent aujourd'hui.
Nous, jeunes du Moyen-Orient, sommes plongés aujourd'hui dans une mer de difficultés, d'appréhensions et de craintes; beaucoup de jeunes de notre génération vivent dans un grand désarroi, font l'expérience du découragement et affrontent la corruption.
Qu'elles soient liées à l'état de la sécurité, aux crises politiques et économiques ou au chômage, les difficultés qu'affronte la famille chrétienne sont immenses, et comprennent en outre la perte du sens sacramentel du mariage, l'athéisme contemporain, les discriminations religieuse et raciales, les fléaux sociaux que sont la toxicomanie et l'alcoolisme.
Nous nous retrouvons dans l'impuissance de provoquer le changement et le relèvement de nos patries, et c'est pourquoi beaucoup d'entre nous émigrent à la recherche d'un avenir meilleur.
Dans cette actualité changeante, nous tentons d'interagir avec les réalités politiques et sociales de nos sociétés. Nous nous exprimons et nous nous engageons dans le domaine public, pour vivre notre mission au coeur du monde et l'élever vers le meilleur.
Nous, Jeunes du Moyen-Orient, aspirons à la paix et rêvons d'un avenir sans guerres; d'un avenir où nous jouerons un rôle actif, où nous travaillerons avec nos frères, les jeunes de différentes religions, à bâtir la civilisation de l'amour, à édifier des patries où les droits de l'homme et sa liberté sont respectés, où sa dignité est protégée.
Nous recherchons la culture de la paix et la condamnation de la violence; nous voulons être des ponts vivants de dialogue et de coopération.
Beaucoup d'entre nous font l'expérience de l'amitié, de la communion et du bon voisinage avec des jeunes gens et des jeunes filles appartenant à d'autres religions. Ce sont des expériences uniques qui nous distinguent au Moyen-Orient au niveau de la convivialité.
Nous ne craignons pas les autres qui sont différents, même si nous craignons parfois la pensée fondamentaliste. Cette pensée en séduit quelques-uns; elle entrave le dialogue des religions et ce qu'il permet comme rencontres de jeunes, célébrations communes et activités culturelles et sociales diverses.
Nous, les fidèles de l'Eglise d'aujourd'hui, voulons témoigner "de ce que nous avons vu" (Jean 3) mais nous avons aussi besoin de témoins.
Nous avons besoin que l'Eglise, Mère et Educatrice, nous accompagne et nous oriente sur les chemins de la vie, comme Jésus l'a fait avec les disciples d'Emmaüs.
Nous rêvons d'une Eglise qui reçoit ses jeunes, qui les écoute et tienne compte de leurs défis, qui se tienne activement et pratiquement à leurs côtés, qui les conduise à découvrir le Christ vivant dans Sa Parole, et sache concilier d'une part le discours et le sermon, d'autre part l'action et le témoignage.
Nous croyons en une Eglise "une" et voulons oeuvrer au rapprochement permanent entre les Eglises orientales, afin que nous soyons "un" selon la volonté de Dieu. Et il ne fait pas de doute que la célébration commune de la fête de Pâques et la possibilité de proclamer ensemble "Christ est ressuscité!" figurent parmi les manifestations d'unité les plus éclatantes.
Nous, les Jeunes de l'Eglise, désirons aujourd'hui être de véritables acteurs du projet de Salut, des disciples actifs de la mission de l'Eglise.
Nous aspirons à une "Nouvelle Evangélisation" et à un approfondissement des Saintes Ecritures. Nous voulons incarner quotidiennement la Parole de Dieu dans notre vie quotidienne et participer ainsi à la mission de l'Eglise.
Nous, les jeunes de l'Eglise d'aujourd'hui, voulons être un signe d'espoir pour tout le Machrek (l'Orient), et témoigner de l'Amour de Dieu, qui est plus fort que la mort.
Enfin, nous tenons à vous exprimer notre estime et notre amour. Nous attendons ardemment vos leçons et vos directives. Et nous demandons au Père, en cette Fête de la Très Sainte Croix, de répandre sur nous ses grâces pour que nous soyons les témoins de la Résurrection de son Fils, dans la Joie de l'Esprit."
L'évêque Georges Abou Jaoudé a prononcé, durant la rencontre avec les jeunes, le mot suivant:
"Très Saint Père,
C'est avec un grand enthousiasme que les jeunes du Liban ainsi que ceux des pays voisins, vous accueillent en ces temps difficiles que traversent leurs pays et leur région moyen-orientale. Ils sont en effet fils et fille de ce pays que Jean Paul II a qualifié de message pays pour le monde entier.
Ils savent, qu'ils sont appelés à reconstruire ensemble leur pays sur des bases solides après les années de guerre. De même, les jeunes des pays arabes voisins aspirent à un vrai printemps suivi par des changements fondés sur les droits de l'homme, après les bouleversements que connaissent leurs différents pays.
Cependant, aujourd'hui, les jeunes du Liban et du Moyen-Orient, Berceau de la foi chrétienne, vivent dans l'angoisse et la peur. Ils voient leurs pays se vider progressivement de la présence chrétienne. Ils sont déçus, de ne pouvoir participer à reconstruire leurs pays, secoués par les poussées intégristes de tout genre, et éprouvés par le mal de la réconciliation avec la modernité.
La Nouvelle Evangélisation, sujet du prochain Synode, et l'année de la foi que vous avez décrétée les aideront à réfléchir et à mieux vivre leur engagement chrétien. Ils sont conscients de la responsabilité qui leur incombe d'être des témoins prêts à la défense contre quiconque leur demandera raison de l'espérance qui est en eux (1 Pierre 3/15).
Sainteté, dans la mouvance de l'espérance évangélique, ils Vous disent le bienvenu dans le Pays des Cèdres où, malgré tout, continueront à couler le lait et le miel".
L'évêque grec-catholique de Saida et de Deir el-Kamar, Mgr Elie Haddad, a prononcé le mot suivant:
"Sainteté,

Les jeunes du Moyen-Orient, présent et avenir de l'Eglise, aspirent à vous écouter attentivement. Dans le sillage d'une civilisation sécularisée, ils sont de plus en plus attachés à une Eglise "mère et enseignante", animée par l'Esprit Saint.
Confrontés à des idéologies antireligieuses et à des défis économiques et politiques, ils émigrent vers l'Occident à la recherche d'un bonheur promis et promu.
Témoins de poussées intégristes de tout genre, nos jeunes confondent politique et religion: une nouvelle Pentecôte renouvellera leur vie et leur foi.

Sainteté,
Dans l'attente des journées mondiales de la jeunesse au Brésil, les jeunes du Moyen-Orient sont ravis de passer avec vous des moments privilégiés dans l'amour et dans l'enthousiasme. Venant de partout, ils aspirent à écouter votre message d'espérance et de foi.
Les jeunes religieux et religieuses présents parmi nous trouveront dans cette rencontre un nouvel élan pour leur vocation.
Des responsables parlementaires et gouvernementaux chargés de la jeunesse sont là aussi pour écouter votre enseignement.
La participation d'autres jeunes chrétiens et non-chrétiens à cette rencontre ne pourra que refléter la vocation et l'amitié de nos pays du Moyen-Orient.
Benoît XVI s'adressant aux jeunes:Vous êtes l'espérance et l'avenir de votre pays
Le pape Benoît XVI s'est adressé aux jeunes du Liban et du Moyen-Orient depuis le siège patriarcal de Bkerké en leur disant: "vous avez une place privilégiée dans mon coeur et dans le coeur de l'Eglise". Aux Libanais, il a dit: "vous êtes l'espérance et l'avenir de votre pays."
Il a surtout souligné l'importance que "musulmans et chrétiens s'unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres."
Voici l'intégralité de son allocution:
"Béatitude, frères évêques, chers amis,
Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la véritable connaissance de Dieu et de
Jésus notre Seigneur " (2 P 1, 2).
Le passage de la lettre de saint Pierre que nous avons entendu exprime bien le grand désir que je porte dans mon coeur depuis longtemps. Merci pour votre accueil chaleureux, merci de tout coeur pour votre présence si nombreuse ce soir!
Je remercie Sa Béatitude le Patriarche Bechara Boutros Raï pour ses paroles d'accueil, Mgr Georges Bou Jaoudé, Archevêque de Tripoli et président du Conseil pour l'apostolat des laïcs au Liban, et Mgr Elie Hadda, Archevêque de Sidon des Grecs melkites et vice président du même Conseil, ainsi que les deux jeunes qui m'ont salué en votre nom à tous. "Salami Outikom" ["Je vous donne ma paix"] (Jn 14, 27) nous dit le Christ-Jésus.
Chers amis, vous vivez aujourd'hui dans cette partie du monde qui a vu la naissance de Jésus et le développement du christianisme.
C'est un grand honneur! Et c'est un appel à la fidélité, à l'amour de votre région et surtout à être des témoins et des messagers de la joie du Christ, car la foi transmise par les Apôtres conduit à la pleine liberté et à la joie, comme l'ont montré tant de saints et de bienheureux de ce pays. Leur message éclaire l'Eglise universelle.
Il peut continuer à éclairer vos vies. Parmi les Apôtres et les saints, beaucoup ont vécu à des périodes troublées et leur foi a été la source de leur courage et de leur témoignage.
Puisez dans leur exemple et dans leur intercession, l'inspiration et le soutien dont vous avez besoin!
Je connais les difficultés qui sont les vôtres dans la vie quotidienne, à cause du manque de stabilité et de sécurité, de la difficulté à trouver un travail ou encore du sentiment de solitude et de marginalisation.
Dans un monde en continuel mouvement, vous êtes confrontés à de nombreux et graves défis.
Même le chômage et la précarité ne doivent pas vous inciter à goûter le "miel amer" de l'émigration, avec le déracinement et la séparation pour un avenir incertain.
Il s'agit pour vous d'être des acteurs de l'avenir de votre pays, et de remplir votre rôle dans la société et dans l'Eglise.
Vous avez une place privilégiée dans mon coeur et dans l'Eglise tout entière car l'Eglise est toujours jeune!
L'Eglise vous fait confiance.  Elle compte sur vous.
Soyez jeunes dans l'Eglise! Soyez jeunes avec l'Eglise!
L'Eglise a besoin de votre enthousiasme et de votre créativité!
La jeunesse est le moment où l'on aspire à de grands idéaux, et la période où l'on étudie pour préparer un métier et un avenir. Cela est important et demande du temps. Recherchez ce qui est beau, et ayez le goût de faire ce qui est bien!
Témoignez de la grandeur et de la dignité de votre corps qui "est pour le Seigneur" (1 Co 6, 13.b).
Ayez la délicatesse et la droiture des coeurs purs! A la suite du bienheureux Jean-Paul II, je vous redis moi aussi : "N'ayez pas peur. Ouvrez les portes de vos esprits et de vos coeurs au Christ!" La rencontre avec lui "donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive" (Deus caritas est, 1).
En lui, vous trouverez la force et le courage pour avancer sur les chemins de votre vie, en surmontant les difficultés et la souffrance. En lui, vous trouverez la source de la joie. Le Christ vous dit : "Salami Outikom" ["Je vous donne ma paix"] (Jn 14, 27). Là est la véritable révolution apportée par le Christ, celle de l'amour.
Les frustrations présentes ne doivent pas conduire à vous réfugier dans des mondes parallèles comme ceux, entre autres, des drogues de toutes sortes, ou celui de la tristesse de la pornographie.
Quant aux réseaux sociaux, ils sont intéressants mais peuvent, avec grande facilité, vous entraîner à une dépendance et à la confusion entre le réel et le virtuel.
Recherchez et vivez des relations riches d'amitié vraie et noble.
Ayez des initiatives qui donnent du sens et des racines à votre existence en luttant contre la superficialité et la consommation facile!
Vous êtes soumis également à une autre tentation, celle de l'argent, cette idole tyrannique qui aveugle au point d'étouffer la personne et son coeur.
Les exemples qui vous entourent ne sont pas toujours les meilleurs. Beaucoup oublient l'affirmation du Christ disant qu'on ne peut servir Dieu et l'argent (cf. Lc 16, 13). Recherchez de bons maîtres, des maîtres spirituels, qui sachent vous indiquer le chemin de la maturité en laissant l'illusoire, le clinquant et le mensonge.
Soyez les porteurs de l'amour du Christ! Comment? En vous tournant sans réserve vers Dieu, son Père, qui est la mesure de ce qui est juste, vrai et bon.
Méditez la Parole de Dieu!
Découvrez l'intérêt et l'actualité de l'Evangile. Priez!
La prière, les sacrements sont les moyens sûrs et efficaces pour être chrétien et vivre "enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi" (Col 2, 7).
L'Année de la foi qui va débuter sera l'occasion de découvrir le trésor de la foi reçue au baptême. Vous pouvez approfondir son contenu grâce à l'étude du Catéchisme afin que votre foi soit vivante et vécue. Vous deviendrez alors pour les autres témoins de l'amour du Christ. En lui, tous les hommes sont nos frères. La fraternité universelle qu'il a inaugurée sur la Croix revêt d'une lumière éclatante et exigeante la révolution de l'amour.
"Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés" (Jn 13, 34). Là est le testament de Jésus et le signe du chrétien. Là est la véritable révolution de l'amour!
Et donc, le Christ vous invite à faire comme lui, à accueillir sans réserve l'autre, même s'il est d'appartenance culturelle, religieuse, nationale différente. Lui faire une place, le respecter, être bon envers lui, rend toujours plus riche d'humanité et fort de la paix du Seigneur. Je sais que beaucoup parmi vous participent aux diverses activités promues par les paroisses, les écoles, les mouvements, les associations.
Il est beau de s'engager avec et pour les autres. Vivre ensemble des moments d'amitié et de joie permet de résister aux germes de division, toujours à combattre!
La fraternité est une anticipation du ciel! Et la vocation du disciple du Christ est d'être "levain" dans la pâte, comme l'affirmait saint Paul: "Un peu de levain fait lever toute la pâte" (Ga 5,9).
Soyez les messagers de l'Evangile de la vie et des valeurs de la vie. Résistez courageusement à tout ce qui la nie: l'avortement, la violence, le refus et le mépris de l'autre, l'injustice, la guerre.
Vous répandrez ainsi la paix autour de vous. Est-ce que ce ne sont pas les "agents de paix" que nous admirons finalement le plus?
N'est-ce pas la paix ce bien précieux que toute l'humanité recherche?
N'est-ce pas un monde de paix qu'au plus profond nous voulons pour nous et pour les autres ?
"Salami Outikom" ["Je vous donne ma paix"] a dit Jésus. Il a vaincu le mal non par un autre mal, mais en le prenant sur lui et en l'anéantissant sur la croix par l'amour vécu jusqu'au bout.
Découvrir en vérité le pardon et la miséricorde de Dieu, permet toujours de repartir pour une nouvelle vie. Il n'est pas facile de pardonner. Mais le pardon de Dieu donne la force de la conversion, et la joie de pardonner à son tour. Le pardon et la réconciliation sont des chemins de paix, et ouvrent un avenir.
Chers amis, beaucoup parmi vous se demandent certainement d'une façon plus ou moins consciente: Qu'est-ce que Dieu attend de moi? Quel est son projet pour moi? Ne voudrais-je pas annoncer au monde la grandeur de son amour par le sacerdoce, la vie consacrée ou le mariage?
Le Christ ne m'appellerait-il pas à le suivre de plus près?
Accueillez avec confiance ces questions.
Prenez le temps d'y réfléchir et de demander la lumière.
Répondez à l'invitation en vous offrant chaque jour à Celui qui vous appelle pour être de ses amis.
Cherchez à suivre avec coeur et générosité le Christ qui, par amour, nous a rachetés et a donné sa vie pour chacun de nous. Vous connaîtrez une joie et une plénitude insoupçonnées!
Répondre à la vocation du Christ sur soi: c'est là le secret de la vraie paix.
J'ai signé hier l'Exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente. Cette lettre vous est aussi destinée, chers jeunes, comme à tout le peuple de Dieu. Lisez-la avec attention et méditez-la pour la mettre en pratique. Pour vous aider, je vous rappelle les paroles de saint Paul aux Corinthiens: "Notre lettre c'est vous, une lettre écrite en vos coeurs, connue et lue par tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs" (2 Co 3, 2-3).
Vous pouvez être, vous aussi, chers amis, une lettre vivante du Christ. Cette lettre ne sera pas écrite sur du papier et avec un crayon. Elle sera le témoignage de votre vie et celui de votre foi.
Ainsi, avec courage et enthousiasme, vous ferez comprendre autour de vous que Dieu veut le bonheur de tous sans distinction, et que les chrétiens sont ses serviteurs et ses témoins fidèles.
Jeunes libanais, vous êtes l'espérance et l'avenir de votre pays.
Vous êtes le Liban, terre d'accueil, de convivialité, avec cette faculté inouïe d'adaptation.
Et en ce moment, nous ne pouvons pas oublier ces millions de personnes qui composent la diaspora libanaise et qui maintiennent des liens solides avec leur pays d'origine.
Jeunes du Liban, soyez accueillants et ouverts, comme le Christ vous le demande et comme votre pays vous l'enseigne.
Je voudrais saluer maintenant les jeunes musulmans qui sont avec nous ce soir. Je vous remercie pour votre présence qui est si importante.
Vous êtes avec les jeunes chrétiens l'avenir de ce merveilleux pays et de l'ensemble du Moyen-Orient.
Cherchez à le construire ensemble! Et lorsque vous serez adultes, continuez de vivre la concorde dans l'unité avec les chrétiens.
Car la beauté du Liban se trouve dans cette belle symbiose. Il faut que l'ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens, l'Islam et la Chrétienté, peuvent vivre ensemble sans haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble une société libre et humaine.
J'ai appris également qu'il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j'admire votre courage. Dites chez vous, à vos familles et à vos amis, que le Pape ne vous oublie pas.
Dites autours de vous que le Pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il n'oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations. Il n'oublie pas les Moyen-orientaux qui souffrent.
Il est temps que musulmans et chrétiens s'unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres.
En terminant, tournons-nous vers Marie, la Mère du Seigneur, Notre-Dame du Liban.
Du haut de la colline de Harissa, elle vous protège et vous accompagne, elle veille comme une mère sur tous les Libanais et sur tant de pèlerins, venant de tous les horizons pour lui confier leurs joies et leurs peines!
Ce soir, confions à la Vierge Marie et au bienheureux Jean-Paul II qui m'a précédé ici, vos vies, celles de tous les jeunes du Liban et des pays de la région, particulièrement ceux qui souffrent de la violence ou de la solitude, ceux qui ont besoin de réconfort.
Que Dieu vous bénisse tous! Et maintenant tous ensemble, nous la prions : "Al Salam Alayki ya Maryam..." ["Je vous salue Marie..."].
La rencontre des jeunes a été clôturée au siège patriarcal à Bkerké par la cantique"heureux sont les partisans de la paix" interprétée par Majida el Roumi.
Le Pape avait reçu 15 cadeaux-souvenirs des jeunes du Liban et du Moyen-Orient.
Le souverain pontife, les patriarches et les évêques sont entrés par la suite à l'église de la Sainte Vierge au siège patriarcal où sa sainteté a fait la prière de remerciement .

Dernier jour de la visite du pape
 
Des milliers de fidèles se sont précipités, depuis les premières lueurs du dimanche, au front de mer dans le centre-ville de Beyrouth, afin d'assister à la messe historique présidée par sa sainteté Benoît XVI.
Le pape, qui clôture sa visite de trois jours , a voulu donner sa bénédiction aux fils du pays du Cèdre et aux personnes venues de pays voisins, chrétiens et musulmans.
Pleins d'espoir, les fidèles de la région tourmentée par la violence s'apprêtaient, dans une enceinte décorée par des branches d'olives et de cèdres, à la messe du "messager de la paix", à l'homme en blanc qui appelle toujours à la tolérance, au pardon, à la réconciliation.
Avec des mesures sécuritaires très strictes, 35000 fidèles ont assisté à la messe.
Les membres de l'Orchestre philharmonique du Liban se sont rendus au lieu de la grande messe.
Près de 1500 hommes religieux des Eglises d'Orient, le président de la République, le président de la Chambre, le Premier ministre, les anciens présidents, les ministres et les députés participent également à la messe.
Des foules de citoyens, agitant les drapeaux du Liban et du Vatican, se sont attroupées sur les intersections des routes principales pour voir passer le souverain pontife qui se dirigeait de Harissa vers le front de mer du centre-ville de Beyrouth.
Le président de la République Libanaise Michel Sleiman et son épouse ,l'ancien chef de l'Etat Amine Gemayel et son épouse,le président du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme le député Michel Aoun et son épouse,le vice-président du conseil des ministres Samir Mokbel,les ministres:Gebran Bassil, Hassan Diab, Walid Daouk, et les députés:Robert Ghanem,Ali Bazzi,Ghazi Zeaiter, Henri Hélou, Simon Abi Ramia, et Michel Pharaon, ainsi que Mmes Solange Gemayel et Mona Hraoui sont arrivés à la place de la messe.
Le pape est arrivé au front maritime du centre-ville de Beyrouth, en traversant dans la Papamobile un chemin où, de part et d'autre, les fidèles l'acclamaient.
Le Pape Benoît XVI est descendu de la Papamobile et s'est dirigé vers l'autel sous les acclamations de milliers de croyants qui sont venus participer à la messe pontificale ,agitant les drapeaux du Liban et du Vatican et portant des casquettes sur lesquelles était imprimée la photo du Pape.
Il convient de noter que le livre de prière de la messe a été imprimé en 6 langues notamment le latin,le français,l'anglais,l'arabe et l'arménien et fût distribué à tous les participants.
Les chorales des Antonins,de Notre Dame de Louaizé,du patriarcat des arméniens catholiques,de Saint Joseph Antoura et des Syriaques entonnaient des chants liturgiques.
Environ 1400 journalistes libanais et étrangers étaient munis de cartes d'accréditation pour couvrir la visite du Pape.
Le Pape Benoît XVI a porté le vêtement sacerdotal de couleur verte et passé à l'autel entouré des évêques sur fond du chant liturgique syriaque "Chobho lrahmik" du rite maronite.
Au début de la messe , le patriarche maronite Béchara Boutros Raï a prononcé le mot suivant:
"Très Saint-Père,
Au nom de toutes les personnes ici présentes et de tous les Libanais, j'ai l'honneur d'exprimer à Votre Sainteté la joie dont Votre visite remplit les coeurs. Car elle se déroule sous le signe de la paix, à laquelle aspire notre monde en général et le Moyen-Orient en particulier. La paix est la mission des Chrétiens. Ils la considèrent comme un don de Dieu qu'il importe de préserver. Ils se sentent appelés à en faire une culture de vie, selon la parole du Christ : " Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! " (Mt 5, 9).
Votre voyage apostolique au Moyen-Orient, au moment où il vit des transformations radicales menaçant sa sécurité et sa stabilité, est certes porteur d'espérance ; Il continue votre annonce prophétique, faite en 2009, de la tenue d'une Assemblée Spéciale du Synode des ?vêques pour le Moyen-Orient, portant sur la présence des Chrétiens, leur témoignage et leur mission, en cette région. Le Synode nous a introduits au coeur d'un " printemps spirituel chrétien ", que nous considérons voulu par la Providence divine comme préparatoire du " printemps arabe " souhaité. Avec votre Sainteté, nous prions pour que les événements sanglants et les sacrifices donnent naissance à ce " printemps ". Il ne fait aucun doute que l'Exhortation Apostolique que Vous remettrez officiellement durant cette célébration eucharistique, tracera, à nos Eglises, une feuille de route vers ce printemps.
Très Saint-Père,
Votre voyage est une soupape de sécurité en ce temps d'instabilité pour un peuple chrétien qui, fidèle aux promesses de son baptême, lutte pour confirmer son enracinement dans sa terre malgré l'énormité des défis. Il est fort de la grâce du Christ, Sauveur et Rédempteur.
Aujourd'hui, à partir du Liban, Votre Sainteté porte au Moyen-Orient, l'Espérance du Christ et l'appel de la paix. Puisse le Tout-Puissant exaucer Vos saintes et nobles intentions que vous élèverez au Seigneur en cette célébration eucharistique. Soit loué Jésus - Christ."
Le Pape Benoît XVI a entamé la messe du dimanche sur le front de mer au centre-ville de Beyrouth par une prière du rite latin.
Avant le début de la messe,le souverain pontife a offert un calice en or au patriarche maronite Béchara Boutros Raï.
 
Le Pape prononçant son homélie:je prie le Seigneur de donner au Moyen-Orient des serviteurs de la paix et de la réconciliation
 
Le Pape Benoît XVI qui a présidé la messe pontificale sur le front de mer au centre-ville de Beyrouth, a prononcé l'homélie suivante:
"Chers frères et soeurs,
"Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! " (Ep 1, 3). Béni soit-il en ce jour où j'ai la joie d'être ici avec vous, au Liban, pour remettre aux évêques de la région l'Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente ! Je remercie cordialement Sa Béatitude Bechara Boutros Raï pour ses aimables paroles de bienvenue. Je salue les autres Patriarches et les évêques des églises orientales, les ?vêques latins des régions avoisinantes ainsi que les Cardinaux et les évêques venus d'autres pays. Je vous salue tous avec grande affection, chers frères et soeurs du Liban et aussi des pays de toute cette région bien-aimée du Moyen-Orient, venus célébrer, avec le successeur de Pierre, Jésus-Christ crucifié, mort et ressuscité. J'adresse aussi mon salut déférent au Président de la République et aux Autorités Libanaises, aux Responsables et aux membres des autres traditions religieuses qui ont voulu être présents ce matin.
En ce dimanche où l'évangile nous interroge sur la véritable identité de Jésus, nous voici transportés avec les disciples, sur la route qui conduit vers les villages de la région de Césarée de Philippe. " Et vous, que dites-vous ? pour vous qui suis-je ? " (Mc 8, 29) leur demande Jésus ? Le moment choisi pour leur poser cette question n'est pas sans signification. Jésus se trouve à un tournant déterminant de son existence. Il monte vers Jérusalem, vers le lieu où va s'accomplir, par la croix et la résurrection, l'événement central de notre salut. C'est aussi à Jérusalem, qu'à l'issue de tous ces événements, l'église va naître. Et lorsque, à ce moment décisif, Jésus demande d'abord à ses disciples " Pour les gens, qui suis-je ? " (Mc 8, 27), les réponses qu'ils lui rapportent sont bien diverses : Jean-Baptiste, Elie, un prophète !
Aujourd'hui encore, comme au long des siècles, ceux qui, de multiples manières, ont trouvé Jésus sur leur route apportent leurs réponses. Ce sont des approches qui peuvent permettre de trouver le chemin de la vérité. Mais, sans être nécessairement fausses, elles restent insuffisantes, car elles n'accèdent pas au coeur de l'identité de Jésus. Seul celui qui accepte de le suivre sur son chemin, de vivre en communion avec lui dans la communauté des disciples, peut en avoir une véritable connaissance. C'est alors que Pierre qui, depuis un certain temps, a vécu avec Jésus, va donner sa réponse : " Tu es le Messie " (Mc 8, 29). Réponse juste sans aucun doute, mais pourtant insuffisante, puisque Jésus ressent le besoin de la préciser. Il entrevoit que les gens pourraient se servir de cette réponse pour des desseins qui ne sont pas les siens, pour susciter de faux espoirs temporels sur lui. Il ne se laisse pas enfermer dans les seuls attributs du libérateur humain que beaucoup attendent.
En annonçant à ses disciples qu'il devra souffrir, être mis à mort avant de ressusciter, Jésus veut leur faire comprendre qui il est en vérité. Un Messie souffrant, un Messie serviteur, et non un libérateur politique tout-puissant. Il est le Serviteur obéissant à la volonté de son Père jusqu'à perdre sa vie. C'est ce qu'annonçainsi à l'encontre de ce que beaucoup attendaient de lui. Son affirmation choque et dérange.
Et on entend la contestation de Pierre, qui lui fait des reproches, refusant pour son maître la souffrance et la mort ! Jésus est sévère à son égard, et il fait comprendre que celui qui veut être son disciple, doit accepter d'être serviteur, comme lui
s'est fait Serviteur.
Se mettre à la suite de Jésus, c'est prendre sa croix pour l'accompagner sur son chemin, un chemin incommode qui n'est pas celui du pouvoir ou de la gloire terrestre, mais celui qui conduit nécessairement à se renoncer soi-même, à perdre sa vie pour le Christ et l'Evangile, afin de la sauver. Car nous sommes assurés que ce chemin conduit à la résurrection, à la vie véritable et définitive avec Dieu. Décider d'accompagner Jésus Christ qui s'est fait le Serviteur de tous exige une intimité toujours plus grande avec lui, en se mettant à l'écoute attentive de sa Parole pour y puiser l'inspiration de nos actes. En promulguant l'Année de la foi, qui doit commencer le 11 octobre prochain, j'ai voulu que chaque fidèle puisse s'engager de manière renouvelée sur ce chemin de la conversion du coeur.
Tout au long de cette année, je vous encourage donc vivement à approfondir votre réflexion sur la foi pour la rendre plus consciente et pour fortifier votre adhésion au Christ Jésus et à son Evangile.
Frères et soeurs, le chemin sur lequel Jésus veut nous conduire est un chemin d'espérance pour tous. La gloire de Jésus se révèle au moment où, dans son humanité, il se montre le plus faible, particulièrement lors de l'Incarnation et sur la croix. C'est ainsi que Dieu manifeste son amour, en se faisant serviteur, en se donnant à nous. N'est-ce pas un mystère extraordinaire, parfois difficile à admettre. L'Apôtre Pierre lui-même ne le comprendra que plus tard.
Dans la deuxième lecture, saint Jacques nous a rappelé combien cette suite de Jésus, pour être authentique exige des actes concrets. " C'est par mes actes que je te montrerai ma foi " (Jc 2, 18). C'est une exigence impérative pour l'Eglise de servir et pour les chrétiens d'être de vrais serviteurs à l'image de Jésus. Le service est un élément fondateur de l'identité des disciples du Christ (cf. Jn 13, 15-17). La vocation de l'Eglise et du chrétien est de servir, comme le Seigneur lui-même l'a fait, gratuitement et pour tous, sans distinction.
Ainsi, servir la justice et la paix, dans un monde où la violence ne cesse d'étendre son cortège de mort et de destruction, est une urgence afin de s'engager pour une société fraternelle, pour bâtir
la communion ! Chers frères et soeurs, je prie particulièrement le Seigneur de donner à cette région du Moyen-Orient des serviteurs de la paix et de la réconciliation pour que tous puissent vivre paisiblement et dans la dignité. C'est un témoignage essentiel que les chrétiens doivent rendre ici, en collaboration avec toutes les personnes de bonne volonté. Je vous appelle tous à oeuvrer pour la paix. Chacun à son niveau et là où il se trouve.
Le service doit encore être au coeur de la vie de la communauté chrétienne elle-même. Tout ministère, toute charge dans l'Eglise, sont d'abord un service de Dieu et des frères ! C'est cet esprit qui doit animer tous les baptisés, les uns à l'égard des autres, notamment par un engagement effectif auprès des plus pauvres, des marginalisés, de ceux qui souffrent, pour que soit préservée la dignité inaliénable de toute personne.
Chers frères et soeurs qui souffrez dans votre corps ou dans votre coeur, votre souffrance n'est pas vaine ! Le Christ Serviteur se fait proche de tous ceux qui souffrent. Il est présent auprès de vous. Puissiez-vous trouver sur votre route des frères et des soeurs qui manifestent concrètement sa présence aimante qui ne saurait vous abandonner ! Soyez remplis d'espérance à cause du Christ!
Et vous tous, frères et soeurs, qui êtes venus participer à cette célébration, cherchez à devenir toujours plus conformes au Seigneur Jésus, lui qui s'est fait le Serviteur de tous pour la vie du monde. Que Dieu bénisse le Liban, qu'il bénisse tous les peuples de cette région bien-aimée du Moyen-Orient et leur fasse le don de sa paix. Amen.

Raï  durant la messe pontificale: La paix est la mission des chrétiens
 
Durant la messe historique présidée par sa sainteté Benoît XVI, le patriarche maronite, Béchara Boutros Raï a prononcé un mot qui a porté sur l'importance de la visite du Saint-Père au Liban, à l'ombre des développements dangereux que connaît la région.
Voici l'intégralité du texte du chef de l'Eglise maronite:
"Très Saint-Père,
Au nom de toutes les personnes ici présentes et de tous les Libanais, j'ai l'honneur d'exprimer à Votre Sainteté la joie dont Votre visite remplit les coeurs. Car elle se déroule sous le signe de la paix, à laquelle aspire notre monde en général et le Moyen-Orient en particulier.
La paix est la mission des Chrétiens. Ils la considèrent comme un don de Dieu qu'il importe de préserver. Ils se sentent appelés à en faire une culture de vie, selon la parole du Christ: "Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu!" (Mt 5, 9).
Votre voyage apostolique au Moyen-Orient, au moment où il vit des transformations radicales menaçant sa sécurité et sa stabilité, est certes porteur d'espérance; il continue votre annonce prophétique, faite en 2009, de la tenue d'une Assemblée Spéciale du Synode des évêques pour le Moyen-Orient, portant sur la présence des Chrétiens, leur témoignage et leur mission, en cette région.
Le Synode nous a introduits au coeur d'un "printemps spirituel chrétien", que nous considérons voulu par la Providence divine comme préparatoire du "printemps arabe" souhaité.
Avec votre Sainteté, nous prions pour que les événements sanglants et les sacrifices donnent naissance à ce "printemps". Il ne fait aucun doute que l'Exhortation Apostolique que Vous remettrez officiellement durant cette célébration eucharistique, tracera, à nos Eglises, une feuille de route vers ce printemps.
Très Saint-Père,
Votre voyage est une soupape de sécurité en ce temps d'instabilité pour un peuple chrétien qui, fidèle aux promesses de son baptême, lutte pour confirmer son enracinement dans sa terre malgré l'énormité des défis. Il est fort de la grâce du Christ, Sauveur et Rédempteur.
Aujourd'hui, à partir du Liban, Votre Sainteté porte au Moyen-Orient, l'Espérance du Christ et l'appel de la paix.
Puisse le Tout-Puissant exaucer Vos saintes et nobles intentions que vous élèverez au Seigneur en cette célébration eucharistique.
Soit loué Jésus - Christ."
Le pape Benoît XVI a remis par la suite aux chefs des Eglises catholiques d'Orient l'exhortation apostolique.
Il a prononcé, à cette occasion, le mot suivant:
"Béatitudes, Messieurs les Cardinaux,
Chers frères dans l'épiscopat et le sacerdoce.
Chers frères et soeurs dans le Christ,
La célébration liturgique que nous venons de vivre a été l'occasion de rendre grâce au Seigneur pour le don de l'Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques, célébrée en octobre 2012 sur le thème: L'Eglise catholique au Moyen-Orient: communion et témoignage.
"La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul coeur et une seule âme" (Ac 4, 32). Je veux remercier tous les Pères synodaux pour leur contribution. Ma reconnaissance s'adresse aussi au Secrétaire général du Synode des Evêque, Mgr Eterovic, pour le travail accompli, et pour les paroles qu'il m'a adressées en votre nom.
Après avoir signé l'Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente, j'ai la joie de le remettre à toutes les Eglises particulières avec vous, Béatitudes et Evêques orientaux et latins du Moyen-Orient. Avec la remise de ce document, commencent son étude et son appropriation par tous les protagonistes de l'Eglise, pasteurs, personnes consacrées et laïcs, afin que chacun trouve une joie nouvelle à poursuivre sa mission, en étant encouragé et fortifié pour mettre en oeuvre le message de communion et de témoignage décliné selon les divers aspects humains, doctrinaux, ecclésiologiques, spirituels et pastoraux de cette Exhortation.
Chers frères et soeurs du Liban et du Moyen-Orient, je souhaite que cette Exhortation soit un guide pour avancer sur les chemins multiformes et complexes où le Christ vous précède. Puisse la communion dans la foi, l'espérance et la charité être renforcées dans vos pays et dans chaque communauté pour crédibiliser votre témoignage rendu au seul Saint, le Dieu Un et Trine, qui s'est fait proche de chaque personne!
Chère Eglise au Moyen-Orient, puise à la sève originelle du Salut qui s'est réalisé sur cette Terre unique et aimée entre toutes! Avance à la suite de tes pères dans la foi, eux qui ont ouvert, par leur constance et leur fidélité, la voie de la réponse de l'humanité à la Révélation de Dieu!
Trouve dans ta splendide diversité des saints qui ont fleuri chez toi les exemples des intercesseurs qui inspireront ta réponse à l'appel du Seigneur à marcher vers la Jérusalem céleste, où Dieu essuiera toute larme de nos yeux (cf. Ap 21,4)!
Que la communion fraternelle soit un soutien dans la vie quotidienne et que le signe de la fraternité universelle que Jésus, Premier-né d'une multitude, est venu restaurer!
Qu'ainsi, dans cette région qui en a vu les actes et recueilli les paroles, l'Evangile continue de résonner comme il y a 2000 ans et qu'il soit vécu aujourd'hui et à jamais!"

 
Le Pape donne la bénédiction finale :nous demandons à la vierge Marie d'aider tous les peuples de la région et surtout le peuple syrien

La messe pontificale présidée par le Pape Benoît XVI sur le Front de mer au centre-ville de Beyrouth a pris fin sur fond d'un chant religieux dédié à la sainte Vierge .Le pape a prononcé un mot très bref avant la prière de l'annonciation angélique dans lequel il a imploré la vierge Marie d'aider tous les peuples de la région et surtout le peuple syrien.
"Vous connaissez les problèmes dont témoigne la région .La souffrance est grande et nous entendons les cris des veuves,des orphelins,des femmes et des enfants qui sont les premières victimes.Pourquoi tous ces meurtres ? J'appelle la société internationale et les pays arabes à proposer des solutions qui respectent les droits de l'Homme" a dit le souverain pontife.
Et d'ajouter:"Le respect des droits de l'Homme est nécessaire surtout la liberté de pratiquer les croyances religieuses.Ce n'est pas facile de respecter les autres et de les aimer surtout s'il sont différents de nous mais ceci est nécessaire pour la répansion de la paix.Je souhaite que la paix règne dans cette région et que tout le monde comprenne que nous sommes des frères .La vierge Marie notre mère comprend ceci et nous implorons la vierge en tant qu'évêques et cardinaux de protéger le Moyen-Orient.Je souhaite que vous vous dotiez de la foi nécessaire pour vivre ensemble en tant que frères".
Le Pape a enfin donné la bénédiction finale et quitté l'autel sur fond des chants religieux puis salué le chef de l'Etat et son épouse avant de retourner à la nonciature apostolique à bord de la Papamobile au milieu des acclamations et des applaudissements des croyants.
Le pape Benoît XVI s'est dirigé ensuite au patriarcat syro-catholique à Daroun pour participer à la rencontre oecuménique.
Durant cette rencontre, le pape s'est réuni avec les chefs religieux des communautés chrétiennes d'Orient et prononcé un mot où il a mis en relief l'importance du rôle de l'Eglise.
"Répondez à l'appel du Christ," a-t-il dit, appelant à concrétiser le message de l'amour et de la paix dans le monde.
"Cette rencontre est la réponse à l'appel du Seigneur pour que nous soyons partout unis," a-t-il ajouté.
Sa sainteté a surtout salué les coptes d'Egypte, puis inscrit un mot dans le registre patriarcal.

 


Cérémonie de congé à l'aéroport

Après Deir el Cherfé, le pape Benoît XVI s'est dirigé vers l'aéroport international de Beyrouth où une cérémonie d'adieux était organisée.
Dans la cérémonie de congé, Benoît XVI a adressé ses salutations chaleureuses aux Eglises, aux communautés protestantes et aux communautés musulmanes en disant: "votre chaleur et votre coeur (...) m'ont donné le goût de revenir."
Voici l'intégralité du texte du chef du Saint-Père lors de la cérémonie de congé:
Monsieur le Président,
Messieurs les Présidents du Parlement et du Conseil des ministres,
Béatitudes et frères dans l'épiscopat,
Autorités civiles et religieuses, et chers amis,
Alors qu'arrive le moment du départ, c'est avec regret que je laisse le cher Liban.
Je vous remercie, Monsieur le Président, pour vos paroles et pour avoir favorisé, avec le Gouvernement dont je salue les représentants, l'organisation des divers évènements qui ont marqué ma présence parmi vous, secondé de manière remarquable par l'efficacité des différents services de la République et du secteur privé.
Je remercie aussi le Patriarche Bechara Boutros Raï, et tous les Patriarches présents ainsi que les évêques orientaux et latins, les prêtres et les diacres, les religieux et les religieuses, les séminaristes et les fidèles qui se sont déplacés pour me recevoir.
Vous visitant, c'est comme si Pierre venait à vous, et vous avez reçu Pierre avec la cordialité qui caractérise vos Eglises et votre culture.
Mes remerciements vont particulièrement à l'ensemble du peuple libanais qui forme une belle et riche mosaïque et qui a su manifester au Successeur de Pierre son enthousiasme, par l'apport multiforme et spécifique de chaque communauté.
Je remercie cordialement les vénérables Eglises soeurs et les communautés protestantes.
Je remercie particulièrement les représentants des communautés musulmanes. Durant tout mon séjour, j'ai pu constater combien votre présence a contribué à la réussite de mon voyage.
Le monde arabe et le monde entier auront vu, en ces temps troublés, des chrétiens et des musulmans réunis pour célébrer la paix. Il est de tradition au Moyen-Orient, de recevoir l'hôte de passage avec égard et respect, et vous l'avez fait. Je vous en remercie tous.
Mais, à l'égard et au respect, vous avez apporté un complément; il peut se comparer à l'une de ces fameuses épices orientales qui enrichit la saveur des mets: votre chaleur et votre coeur, qui m'ont donné le goût de revenir
Je vous en remercie particulièrement.
Que Dieu vous bénisse pour cela!
Durant mon trop bref séjour, motivé principalement par la signature et la remise de l'Exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente, j'ai pu rencontrer les différentes composantes de votre société. Il y a eu des moments plus officiels, d'autres plus intimes, des moments de haute densité religieuse et de prière fervente et d'autres encore, marqués par l'enthousiasme de la jeunesse.
Je rends grâce à Dieu pour ces occasions qu'il a permises, pour les rencontres de qualité que j'ai pu avoir, et pour la prière qui a été faite par tous, et pour tous au Liban et au Moyen-Orient, quelle que soit l'origine ou la confession religieuse de chacun.
Dans sa sagesse, Salomon a fait appel à Hiram de Tyr, pour l'élévation d'une maison pour le Nom de Dieu, un sanctuaire pour l'éternité (cf. Si 47, 13). Et Hiram que j'ai évoqué en arrivant, envoya du bois provenant des cèdres du Liban (cf. 1 R 5, 22). Des boiseries de cèdre meublaient l'intérieur du Temple et portaient des guirlandes de fleurs sculptées (cf. 1 R 6, 18).
Le Liban était présent dans le Sanctuaire de Dieu. Puisse le Liban d'aujourd'hui, ses habitants, continuer à être présents dans le sanctuaire de Dieu!
Puisse le Liban continuer à être un espace où les hommes et les femmes peuvent vivre en harmonie et en paix les uns avec les autres pour donner au monde, non seulement le témoignage de l'existence de Dieu, premier thème du Synode passé, mais également, celui de la communion entre les hommes, second thème du même Synode, quelle que soit leur sensibilité politique, communautaire et religieuse!
Je prie Dieu pour le Liban, afin qu'il vive dans la paix et résiste avec courage à tout ce qui pourrait la détruire ou la miner. Je souhaite au Liban de continuer à permettre la pluralité des traditions religieuses et à ne pas écouter la voix de ceux qui veulent l'en empêcher.
Je souhaite au Liban de fortifier la communion entre tous ses habitants, quelle que soit leur communauté et leur religion, en refusant résolument tout ce qui pourrait conduire à la désunion, et en choisissant avec détermination la fraternité.
Ce sont là des fleurs qui sont agréables à Dieu, des vertus qui sont possibles et qu'il conviendrait de consolider en les enracinant davantage.
La Vierge Marie, vénérée avec dévotion et tendresse, par les fidèles des confessions religieuses présentes ici, est un modèle sûr pour avancer avec espérance sur le chemin d'une fraternité vécue et authentique. Le Liban l'a bien compris en proclamant il y a quelque temps, le 25 mars comme jour férié, permettant ainsi à tous ses habitants de pouvoir vivre davantage leur unité dans la sérénité.
Que la Vierge Marie dont les antiques sanctuaires sont si nombreux dans votre pays, continue à vous accompagner et à vous inspirer!
Que Dieu bénisse le Liban et tous les Libanais!
Qu'il ne cesse de les attirer à Lui pour leur donner part à sa vie éternelle!
Qu'il les comble de sa joie, de sa paix et de sa lumière!
Que Dieu bénisse tout le Moyen-Orient!
Sur chacun et chacune d'entre vous, j'invoque de grand coeur l'abondance des Bénédictions divines. "Liyoubarek al-Rabb Jamioukom" - [Que Dieu vous bénisse tous !]

Sleiman faisant ses adieux au Pape: nous oeuvrerons pour que le Liban demeure un pays d'ouverture et de dialogue

Durant la cérémonie de congé du Pape Benoît XVI, le président de la République, Michel Sleiman, a remercié le souverain pontife pour l'amabilité et l'attention qu'il porte à la stabilité du Liban, à la coexistence entre ses communautés et à sa protection contre tout genre d'agressions.
Le chef de l'Etat a exprimé son appréciation aux trois jours de visite "guidés par la providence divine."
"Vous avez laissé entre nos mains la responsabilité d'assumer les aspirations de notre peuple," a dit le président.
Il a souligné: "Nous vous promettons, Sainteté, d'oeuvrer résolument pour que le Liban demeure un pays d'ouverture, de dialogue et un témoin de convivialité sur le principe du respect mutuel et des valeurs."
Et de conclure: "vous avez ravivé en [nos âmes], au Liban et dans le Moyen-Orient, une lueur d'espoir."
L'avion du pape a décollé , clôturant ainsi trois jours glorieux et mémorables de l'histoire du Liban .

Suivez les nouvelles de l'Agence Nationale de l'Information sur les ondes de Radio Liban 96.2, 98.1 et 98.5 FM

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