Hariri à la Conférence de Bruxelles II : Nous avons tenu nos engagements, il est primordial que nous continuions à travailler ensemble et voici nos priorités

Mercredi 25 Avril 2018 à 12:27 Politique

ANI - Le président du Conseil des ministres Saad Hariri a déclaré ce matin qu' "il est primordial que la communauté internationale continue à travailler avec le Liban pour l'aider à faire face aux défis liés à la crise syrienne grave et sans précédent, que ce soit par l'aide humanitaire ou à travers des projets de développement qui aideraient à améliorer les moyens de subsistance des déplacés et communautés hôtes ".


Intervenant lors de la séance inaugurale de la conférence Bruxelles II intitulée " Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région ", Hariri a énuméré les priorités du Liban:


Financer de manière adéquate le plan d'intervention du Liban, garantir des engagements pluriannuels pour assurer la durabilité des projets pluriannuels, augmenter le soutien aux communautés hôtes , soutenir le développement du système de protection sociale libanais, soutenir le Cadre stratégique national pour l'enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) et soutenir la reconstruction du camp de Nahr el Bared pour les réfugiés palestiniens.


Voici le discours prononcé par le Président Hariri :


"La tragédie du peuple syrien se poursuit pour la huitième année et le Liban continue de montrer une hospitalité, une générosité et une solidarité exceptionnelles envers les déplacés syriens, alors que les capacités des communautés hôtes et des infrastructures et services gouvernementaux sont épuisées.


Comme vous le savez tous, le Liban organisera des élections législatives dans deux semaines et j'ai fait de nombreuses tournées dans le pays et j'ai perçu les conditions difficiles des déplacés syriens ainsi que des communautés d'accueil.


D'après ce dont j'ai été témoin, puis-je dire honnêtement qu'aujourd'hui, la situation est meilleure que l'année dernière? La réponse est simplement non.
Mesdames et Messieurs,
L'amère vérité est qu'en dépit de tous nos efforts combinés, les conditions se sont détériorées. Le Liban continue d'être un grand camp de réfugiés.


Je viens de rentrer d'Ersal, village de la vallée de la Bekaa qui accueille plus de 120 000 déplacés, dont je vous ai parlé l'année dernière. Abdallah, le fermier d'Ersal qui a ouvert sa maison à une grande famille syrienne il y a huit ans, a vu ses conditions empirer, tout comme la situation de la famille syrienne qu'il accueille.


Les tensions entre les déplacés syriens et les communautés hôtes ont augmenté, en partie à cause de la concurrence sur des ressources et des emplois rares, et en partie parce que les communautés d'accueil ont vu leurs conditions économiques et sociales se détériorer en raison de la crise.


Mesdames et Messieurs,
Au cours de l'année écoulée, et malgré tous les défis auxquels nous avons continué de faire face, nous avons tenu les engagements que nous avions pris lors de la conférence de Bruxelles I.


Le gouvernement libanais a renoncé à la taxe de séjour pour les déplacés, leur permettant ainsi de renouveler leur séjour légal tout en allégeant le fardeau financier.


Le gouvernement a également adopté des mesures importantes pour faciliter l'enregistrement des naissances des enfants déplacés nés au Liban. En outre, le gouvernement a facilité l'enregistrement d'un mariage si un seul des conjoints a la résidence légale. Plus récemment, les enfants déplacés qui ont eu 15 ans au Liban et ne sont pas en possession d'une carte d'identité ou d'un passeport syrien, ont été autorisés à présenter un extrait civil pour obtenir la résidence légale.


Des progrès importants ont été réalisés dans le secteur de l'éducation. Nous avons observé une augmentation de 13% du nombre total d'enfants déplacés dans l'éducation officielle, avec un total de 221 000 enfants inscrits dans les écoles publiques, 68 000 dans des écoles privées et subventionnées et 93 000 inscrits dans des programmes d'éducation non officielle.


En outre, le ministère de la santé publique, avec ses partenaires nationaux et internationaux, a réalisé des progrès majeurs pour garantir que des soins de santé abordables soient fournis aux déplacés.


Plus important encore, nous avons réussi à stabiliser le pays au cours de la dernière année, tout en continuant d'accueillir un million et demi de déplacés. Nous avons pu y parvenir avec le soutien de nos amis de la communauté internationale qui ont reconfirmé à plusieurs reprises leur engagement en faveur de la stabilité et de la sécurité du Liban.
Le 5 décembre, le gouvernement libanais avec toutes ses composantes s'est engagé envers la politique de distanciation. Cette politique a été bien accueillie lors de la réunion du GIS à Paris, où la communauté internationale a souligné son engagement envers la stabilité politique et économique du Liban, sa sécurité et le raffermissement de ses institutions.


De plus, lors de la conférence de Rome II, les partenaires internationaux ont manifesté leur soutien, leur engagement et leur contribution au renforcement des institutions militaires et sécuritaires libanaises, soulignant ainsi le rôle du Liban en tant qu'acteur important de la stabilité de la région.


Nous venons de rentrer de Paris, où le gouvernement libanais a présenté une vision globale de stabilité et de croissance durable à long terme et de création d'emplois, basée sur les prémices de base que je vous ai présentées lors de Bruxelles I. Le succès de CEDRE réaffirme l'engagement de nos partenaires internationaux envers la stabilité économique et la prospérité du Liban.
Je voudrais saisir cette occasion pour remercier tous nos amis de la communauté internationale pour leur généreux soutien et pour avoir mobilisé suffisamment de fonds pour assurer le financement de la phase I du programme d'investissement du gouvernement.


Mesdames et Messieurs,


Malgré tous les progrès et les réalisations au cours des dernières années, le Liban continue de faire face à des défis. Les besoins restent importants et les ressources sont rares. Malgré tous nos efforts, le potentiel d'instabilité économique et sociale au Liban est réel, de même que le potentiel de radicalisation des jeunes chômeurs, libanais et syriens.


La détérioration des conditions économiques et sociales pourrait mener vers un mécontentement social croissant, qui pourrait entraîner des troubles et de la violence et menacer la sécurité et la stabilité politique du pays et inciter les déplacés à chercher refuge ailleurs.


Il est de la plus haute importance que nous continuions à travailler ensemble pour inverser les tendances négatives, que ce soit par le biais de l'aide humanitaire ou de projets de développement qui contribueraient à améliorer les moyens de subsistance des déplacés et communautés hôtes.


Comment pouvons-nous y parvenir? Permettez-moi de vous souligner nos priorités.


Premièrement, le Plan libanais de réponse à la crise doit être correctement financé. En 2017, les contributions des donateurs au LCRP ont atteint 1,2 milliard de dollars, soit 45% de l'appel initial du Liban de 2,7 milliards de dollars. Notre appel représente 6% du coût que les pays européens dépenseraient s'ils devaient accueillir un million et demi de déplacés, et le décaissement effectif représente 3%.


Les besoins restent importants, en particulier dans les secteurs de la santé et des moyens de subsistance. Notre appel pour 2018 est également de l'ordre de 2,7 milliards de dollars avec des décaissements à ce jour atteignant seulement 11%.


Deuxièmement, des engagements pluriannuels devraient être pris pour garantir la durabilité des projets pluriannuels tels que RACE II.
Troisièmement, le soutien aux communautés hôtes devrait être porté à au moins 100 millions de dollars par an pour financer de petits projets d'infrastructure, en particulier dans la gestion de l'eau et des déchets, les PME, les centres de développement social et les municipalités.


Quatrièmement, soutenir le développement du système de protection sociale libanais, en particulier l'expansion et l'intensification du Programme national de ciblage de la pauvreté, en donnant 125 millions de dollars de dons au cours des cinq prochaines années.


Cinquièmement, soutenir le Cadre stratégique national pour l'enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) que le gouvernement libanais a élaboré avec l'appui de l'UNICEF et de l'OIT, conformément aux ODD, pour promouvoir un système qui donne aux jeunes et aux travailleurs les compétences nécessaires pour accéder à un travail décent et permet aux entreprises de recruter les travailleurs dont elles ont besoin pour leur développement.


Enfin, je demande votre soutien pour la reconstruction du camp de Nahr el Bared pour les réfugiés palestiniens. Ce camp nous rappelle que le Liban est depuis le tout début de la guerre contre le terrorisme. Avec le soutien de beaucoup d'entre vous, nous avons lancé la reconstruction du camp, mais un déficit de financement de 100 millions de dollars demeure. Je fais appel à vous aujourd'hui pour nous aider à terminer le travail que nous avons commencé ensemble.


Mesdames et Messieurs,


Je voudrais saisir cette occasion pour réitérer ma profonde gratitude et l'appréciation du gouvernement libanais à tous les partenaires internationaux, gouvernements et représentants de la société civile pour leur soutien continu et précieux visant à aider le Liban à relever les défis associés à la crise grave et sans précédent des déplacés syriens
Le gouvernement du Liban est également reconnaissant à l'Union européenne et aux Nations Unies d'avoir convoqué la conférence de Bruxelles II, pour souligner que les pays d'accueil ne devraient pas être oubliés au milieu du conflit syrien prolongé.


Nous n'avons pas d'autre choix que de nous unir et de continuer à travailler ensemble pour faire face aux répercussions de la crise des déplacés syriens sur le Liban.
Encore une fois, je vous invite à soutenir le Liban dans cette lourde tâche. C'est une responsabilité collective. Nous espérons et prions pour un règlement rapide de la tragédie du peuple syrien.
Je vous remercie ".


Avant la conférence, Hariri a dit aux journalistes : " Nous discuterons aujourd'hui de la question du retour des déplacés dans leur pays. Nous travaillons avec la communauté internationale pour aider les communautés hôtes. Tout l'argent qui sera octroyé doit l'être sous forme de dons, et c'est ce que nous recherchons ".


Question: Vous parlez du retour des déplacés, mais la situation en Syrie n'est pas sûre?


Hariri: Nous discuterons de la solution politique et nous sommes en faveur d'une solution politique le plus vite possible . Nous pensons également que tout retard dans la recherche de cette solution nuirait aux personnes déplacées ainsi qu'au Liban. C'est pourquoi la communauté internationale devrait être plus déterminée et nous devons tous travailler ensemble pour parvenir à une solution politique définitive en Syrie.



(Source: Bureau de presse du Premier ministre Saad Hariri)



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