Deuxième séance de la conférence de l'ANI: les participants soulignent son importance dans le renforcement du rôle des religions

Lundi 20 Mars 2017 à 16:46 Politique

ANI - Les séances de la conférence internationale intitulée "Les Médias, transmetteurs des civilisations et point de liaison pour le dialogue", sous le patronage du ministre de l'Information Melhem Riachi, se sont poursuivies lundi.


La deuxième table ronde a porté sur le rôle des médias dans la consolidation du dialogue interreligieux. Elle a été présidée par l'archevêque Boulos Matar, président de la Commission épiscopale des médias de l'Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban, et modérée par Dr Farid Ayar, secrétaire général de la Fédération des Agences de presse arabes, avec la participation de M. Mohammad Khodadi, directeur général de l'Agence iranienne IRNA, et le directeur général de Nour SAT et Télé Lumière, Jacques Kallassy.


L'archevêque Matar a mis l'accent, dans son intervention, sur la présence de deux genres de média dans l'univers, "le premier - celui de l'animosité et de l'hostilité - ne mérite pas d'avoir une place et le deuxième - média pour la paix, la fraternité et la solidarité - est certainement à la hauteur. Notre choix est inévitable et clair".


Se penchant sur le thème de cette séance, il a rappelé que "ce sujet d'actualité en Orient doit réussir à mettre en place un dialogue entre les religions afin de permettre aux peuples de parvenir au salut à l'ombre des tragédies, du sang et des larmes".


Et d'ajouter: "Nous attendons impatiemment la visite prévue par le pape François au Caire en avril prochain dans le but de poursuivre le dialogue qu'il a entamé avec l'imam d'Al-Azhar, le cheikh Ahmad al-Tayyeb, référence incontestable de l'islam", saluant dans ce cadre l'itinéraire modéré de ce dernier face à l'extrémisme dans lequel plongent les islamistes.


"Les médias sont en pleine bataille culturelle et il faut la corruption en leur sein", a-t-il dit, appelant les responsables "à examiner leurs politiques".


Abordant la position des religions dans ce domaine, l'archevêque Matar a considéré que "le message des religions doit véhiculer la notion de respect des autres. Toutefois, certaines parties l'exploitent en leur faveur. Nous n'accusons pas dans ce contexte les religions mais ceux qui les exploitent".


"Les discours religieux doivent refléter l'amour de Dieu. Mais la déformation de l'image de Dieu leur porte atteinte. Nous ne devons pas prendre la place du Tout-Puissant", a-t-il précisé.


L'archevêque a établi une distinction entre la situation de l'Orient et celle de l'Occident, notant que les mêmes solutions aux problèmes ne peuvent être adoptées en raison des différences qui existent entre ces deux contrées.


"La religion ne saurait être une cause du problème, bien au contraire elle constitue une partie de la solution", a-t-il expliqué, rappelant que "l'extrémisme et le radicalisme nous ont porté atteinte mais la coopération interreligieuse est requise et essentielle pour l'entente et la coexistence ".


Le directeur général de l'Agence iranienne IRNA, M. Khodadi, a pour sa part, assuré, que "la théorie du village global constitue le pivot du développement et des outils de la communication".


"Plusieurs facteurs laissent leur empreinte dans ce domaine. Ces facteurs ont été instrumentalisés au service de la religion, à l'instar du phénomène de Daech, lequel porte atteinte à l'Islam. Les médias, par inadvertance, diffusent des données contradictoires. D'une part, elles appellent à la paix et promeuvent la haine", a-t-il dit.


M. Khodadi a signalé que "l'absence de modération au sein des communautés dans n'importe quel pays contribue à l'instabilité sécuritaire. Le problème ne réside pas dans ce cas dans la religion mais dans les détails religieux, lesquels sont utilisés à mauvais escient".


Le directeur général de Nour SAT et Télé Lumière, Jacques Kallassy, a à son tour déclaré que "ce flux d'informations ne permet pas aux individus de bien penser ou même de leur donner un peu de temps de vérifier les sources. Le scoop dépasse de loin la crédibilité", affirmant que "les guerres ont une nouvelle forme avec les médias qui se concentrent sur la négativité et le pessimisme sans retourner aux valeurs communes et aux principes".


"Quelles sont alors les valeurs transmises aux générations futures? Ce chaos éthique n'est plus un message. Les médias ont pour objectif la transmission de la vérité alors qu'actuellement la richesse culturelle et la pensée cherchent leur place au milieu de ce désordre", a-t-il expliqué.


M. Kallassy a appelé les médias "à ne pas verser de l'huile sur le feu mais à aider les gens à distinguer entre le bien et le mal".


Selon lui, un média objectif et neutre doit être "culturel, éducatif, non lucratif, modéré, équilibré et non offensant".



=============N.A./H.F.
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