Radiographie du journalisme francophone au Moyen-Orient

Lundi 29 Mars 2021 12:27 Education & Culture

ANI - Dans le cadre des activités du mois de la francophonie, l’AUF Moyen-Orient a organisé une table ronde intitulée « Le journalisme francophone au Moyen-Orient : pratiques et défis » avec des acteurs de référence du paysage médiatique francophone, qui ont échangé sur le potentiel du journalisme francophone au Moyen-Orient et sa traversée du contexte multi-crises, qui s’est tenue au Campus connecté AUF MESRI de Beyrouth.

Quatre intervenants ont pris part au débat modéré par Nidal Ayoub, présidente de l’AFEJ (Association du D.E.S Francophone de Journalisme) : Michel Helou, directeur exécutif de L’Orient-Le Jour, Acil Tabbara, journaliste à l’Agence France-Presse, Paul Khalifeh, correspondant au Liban et en Syrie à Radio France Internationale et Nasri Messarra, directeur du Master en Information et Communication à l’Université Saint-Joseph.

Coup d’envoi avec le directeur de l’AUF Moyen-Orient, Jean-Noël Baléo, qui après avoir accueilli les intervenants au Campus connecté de l’AUF, a souligné que la presse francophone, qui tendait à revendiquer une position particulière en ambitionnant volontiers une éthique de défenseur de la diversité, de liberté parfois totale d’expression et de ton, ainsi que de contrôle renforcé des sources d’information ou de distanciation, était confrontée au Moyen-Orient à la crise mondiale des médias traditionnels et à l’effondrement des marchés publicitaires ainsi qu’à une forme de désaffection du lectorat traditionnel. Elle devait s’adapter pour survivre.

Si les intervenants ont convenu que l’Orient-le Jour faisait cavalier seul dans la presse écrite francophone au Liban comme meilleure « success story », Michel Helou a lui nuancé cette réussite : « Nous aussi nous avons eu des pertes financières. La bataille était longue et difficile. Mais nous avons réussi à nous réinventer, à apporter de la valeur à nos contenus, à prouver que nous allons survivre. En fait, nous nous sommes concentrés sur ce qu’on sait faire de mieux en acceptant de passer au numérique, et nous avons assumé le fait qu’il fallait payer pour lire du bon contenu ». Ce qui a permis à l’Orient-le Jour d’être le titre de presse qui s’en sort le mieux, c’est un lectorat très fidèle au Liban et son développement à l’étranger et dans la diaspora.

Acil Tabbara a souligné la richesse de la francophonie en rappelant le « temps où le bureau de Beyrouth de l’AFP ne produisait de l’information qu’en langue française. Le français est un support qui a aidé à développer la production de l’information dans d’autres langues et notamment l’arabe. Ce know-how francophone a pu être exploité dans d’autres langues. L’AFP est ainsi devenue une sorte de modèle de savoir-faire et de fiabilité ».

Paul Khalifeh, quant à lui, a souligné que la crise qui a frappé la presse est antérieure à la crise générale que nous vivons aujourd’hui : « la presse en général vivait au-dessus de ses moyens et avait construit des logistiques qui n’étaient pas forcément adaptées. En parlant de RFI, Khalifeh explicite ce qu’est la vocation de la francophonie : « c’est cette force d’être écouté et apprécié par des dizaines de millions de personnes de tous les continents et de différentes origines. Le français est ici un vecteur de connaissance, voire un pont ». « Le français est-il un instrument politique » ? lui demande la modératrice. « Non, c’est un instrument de partage de connaissances et de valeurs (…) Il faut démocratiser la francophonie et la considérer comme un vecteur de connaissances et non pas un outil identitaire. La francophonie se doit d’être inclusive aussi, et surtout dans notre métier ».

Pour Nasri Messarra « l’évolution technologique est linéaire, tandis que l’évolution des habitudes et pratiques s’effectue par vagues ». Il affirme que le journalisme, pas seulement au Liban ou au Moyen-Orient mais partout dans le monde, n’a pas encore évolué ou monté la vague. Nous sommes en train d’utiliser la nouvelle technologie avec d’anciennes pratiques, d’où la nécessité de se réinventer, et pour cela il nous faut des décennies. Je suis convaincu qu’une révolution aura lieu, mais on ne sait pas quand ». Concernant les infox et le « fact-checking » ou la pratique de vérification des faits, il est essentiel de comprendre la dynamique des médias sociaux.

Une dernière intervention est dressée sur l’état des lieux de la presse francophone publique par Elissar Naddaf, conseillère de la Ministre de l’Information pour les médias francophones, qui souligne que l’attachement des médias francophones publics aux contenus culturels de qualité, et que « la francophonie fait partie de notre culture malgré les difficultés financières. Ces médias francophones continuent à se battre pour assurer leur visibilité notamment à travers des partenariats et des coproductions ».

 

(Source : Agence universitaire de la francophonie)

 

 

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