Brexit: Bruxelles et Londres discutent du "format" de leurs ngociations pour sortir de l'impasse

Lundi 19 Octobre 2020 14:46 International

(AFP) - Le Royaume-Uni et l'Union européenne discutent lundi du "format" de leurs négociations sur leur relation commerciale post-Brexit, actuellement dans l'impasse avec le risque d'un "no deal" potentiellement dévastateur pour leurs économies.

Déjà poussives, les négociations commerciales se sont envenimées jeudi quand les 27 réunis en conseil ont exigé des concessions de Londres, tout en disant vouloir poursuivre les pourparlers pour arriver à un accord de libre-échange avant l'année prochaine, quand les règles européennes cesseront de s'appliquer au Royaume-Uni.

Mais Londres a refusé net, subordonnant la poursuite des discussions à "un changement fondamental d'approche" de la part des Européens. Un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson avait souligné que pour les Britanniques, les négociations commerciales étaient "finies".

Le négociateur en chef européen Michel Barnier et son homologue britannique David Frost doivent s'entretenir lundi au sujet du "format" des pourparlers, selon la Commission européenne.

"La balle est dans son camp", a insisté dimanche le ministre britannique Michael Gove à propos du négociateur européen. Il a assuré que la porte des négociations restait "entrouverte" si l'UE modifiait effectivement "sa position".

- Accélérer les préparatifs -

A Londres lundi matin, le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a rencontré Michael Gove au sujet de la mise en oeuvre du traité de divorce ayant encadré la sortie du Royaume-Uni de l'UE le 31 janvier dernier.

Selon l'agence Bloomberg, le gouvernement britannique envisage de renoncer aux dispositions controversées d'un projet de loi qui lui permettrait de passer outre certaines dispositions du traité, et ce en violation du droit international, afin de faciliter les négociations.

L'annonce de ce projet de loi avait suscité l'ire de Bruxelles, et sévèrement mis à mal la confiance des Européens, qui ont entamé une procédure d'infraction contre Londres.

Le texte compte également de nombreux détracteurs au Royaume-Uni, où il est dénoncé comme mettant à mal la crédibilité de la parole britannique sur la scène internationale.

Dernières critiques en date, une tribune des archevêques britanniques dans le Financial Times lundi a souligné les "énormes" conséquences "morales", "politiques" et "légales" qu'aurait ce "précédent désastreux". Le texte doit être examiné lundi et mardi à la chambre des Lords, où l'épreuve s'annonce plus difficile qu'à la Chambre des communes, où il a franchi sans difficulté les premiers obstacles.

A défaut d'accord commercial permettant au Royaume-Uni de retrouver sa pleine souveraineté, répète à l'envi le gouvernement britannique, il se satisferait d'un "no deal" au 1er janvier, malgré les conséquences potentiellement dévastatrices pour des économies déjà fragilisées par la pandémie, avec le rétablissement de quotas et droits de douanes entre les 27 et Londres.

Les discussions butent toujours sur trois sujets: l'accès pour les Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Quelle que soit l'issue des négociations, accord ou "no deal", l'exécutif britannique va exhorter cette semaine les entreprises à accélérer leurs préparatifs pour faire face aux nouvelles règles douanières qui seront d'application dès janvier.

Il prévoit de lancer dans les prochaines jours une campagne d'information sous le slogan "Le temps presse".

Mardi, le Premier ministre Boris Johnson et Michael Gove s'entretiendront avec des représentants d'organisations professionnelles et d'entreprises.

"A la fin de cette année, nous quitterons le cadre unique européen et l'union douanière, et cela signifie qu'il y aura à la fois de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour les entreprises", a déclaré M. Gove dans un communiqué. "Des changements interviendront dans tout juste 75 jours et le temps presse pour que les entreprises agissent".

Dans un communiqué, l'organisation patronale européenne, BusinessEurope, en a appelé à la responsabilité des négociateurs pour "trouver un accord", "la seule manière d'éviter l'incertitude et une perturbation majeure".

 

 

========N.A.

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